« Retour au blog de danwood

La caravane de survie, combat contre le désert médical.

Le mardi 1er avril 2008, « La caravane de survie, combat contre le désert médical » s'est installée sur la place de la mairie, à Clamecy, dans le nord de la Nièvre.

Delphine PERROT et Marie FAUTRIER étaient les deux premières volontaires à s'y installer pour 24h.

Journal de bord de la caravane :

Pourquoi une grève de la faim (ou jeûne volontaire) tournante.

Il s'agit pour nous tous, volontaires de cette expérience de montrer notre détermination à résister face au rouleau compresseur ambiant, qui a décidé d'anéantir la maternité de Clamecy, puis l'hôpital, comme ailleurs, partout en France.

Exprimons dignement, sans violence, notre refus d'accepter cette décision qui met en péril nos vies et la naissance naturelle de nos enfants.

Voilà quelques idées qui ont fait germer en moi l'idée d'une grève de la faim tournante.

Il s'agit que chacune, chacun puisse donner à tour de rôle une journée de sa vie et être disponible entièrement à ce mouvement de résistance en étant présent 24 heures dans et autour de cette caravane pour accueillir là, au c½ur de la ville (de Clamecy) toutes celles et tous ceux qui ont vécu dans tout leur être une expérience forte et positive à l'hôpital de Clamecy.

Ce cahier est un espace de liberté et d'expression pour nous tous citoyens/citoyennes, êtres humains, debout et dignes.

Clamecy, le 2 avril 2008, Delphine Perrot.
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
J'ai dit oui à Delphine et me voilà embarquée dans cette aventure ... 24h de mon temps, 24h pour laisser enfin libre cours à ma colère et au sentiment profond d'incompréhension.

Je suis dans le "camp" des professionnels.

Cela fait des mois que je participe à la lutte pour maintenir des services de proximité cohérents, répondant à un véritable besoin sur le territoire (Haute Nièvre).

Je lutte avec ce que je sais faire : des dossiers, des courriers, des réunions ...

Je n'ai jamais pleuré. Il fallait tenir pour être constructif, pour soutenir les collègues, pour ne pas se laisser envahir par l'affectif et garder cette distance nécessaire pour travailler au mieux.

L'affectif ... Les décideurs de la fermeture ont souvent employé ce mot. Notre protestation n'était jamais justifiée par de frais arguments, mais motivée par l'affectif ...

Après tout, pourquoi perdre de l'énergie à réfuter cela ? Oui de l'affectif, il y en avait à la maternité. Entre collègues, avec les patientes. Et c'est peut-être cela aussi qui faisait que cette maternité était si appréciée ...

Après ces longs mois et la fermeture du service, j'ai aujourd'hui le sentiment amer de m'être fait bernée :

Juin 2007 – La COMEX ??? annonce la fermeture.

Juillet-Août 2007 – On passe deux mois à élaborer un contre-rapport à celui ayant motivé cette décision, sur des motifs faux, mal retranscrits à dessein, alarmistes et dégueulasses. Merci Dr Combier de votre aide précieuse. Le réseau décide de stopper sa branche( ?) périnatale en même temps que la maternité.

Septembre 2007 – On attend la mise en place d'un groupe de travail externe. Il coûte cher et il nous semble que les dés sont pipés dès le départ, mais a-t-on vraiment le choix ? Peut-on prendre le risque de ne pas y participer ?

Octobre 2007-Janvier 2008 – On travaille à monter un projet cohérent qui ne remplacera jamais la maternité, mais qui permettra au moins un accompagnement important des femmes d'ici ...

Février-Mars 2008 – Tout est en dent de scie. De ombreuses démarches sont faites par tant de gens : élus, usagers, professionnels, ... Des manifs, des interpellations de Ministères, on cherche des sentiers partout, on tente de faire comprendre notre travail, les enjeux d'une telle décision ...

Mais on ne nous a pas écouté. Le Ministère n'a retenu que ce qui l'arrangeait ...

Rien n'a été humain dans tout cela ... Ni la décision donnée si tardivement : que de questionnements cette attente a créée au sein du service et auprès des femmes enceintes. Ni la gestion du personnel = peu de formations ou d'aide aux mutations ont étés accordées au ????, malgré les promesses ...

Quelle impression de gâchis ...

OUI, la maternité de Clamecy était sécuritaire. Par son travail en réseau, il n'y avait quasi plus de grossesses non suivies, certaines pathologies avaient disparues.

NON, la fermeture n'apportera aucune économie = quel coût pour les transports de ces femmes aujourd'hui ?

La maternité a fermé, deux personnes et le gynéco restent seuls dans un service vide, à côté des secrétaires du réseau ...

La chirurgie a été déplacée au rez-de-chaussée le jour de la fermeture de la maternité.

Nous restons seuls dans un immense premier étage désaffecté, désert ...

Alors aujourd'hui, oui je pleure ... Et il était essentiel pour moi d'être là, avec Delphine, et de montrer enfin de façon visible ma colère.

Après, on verra ... A chaque jour suffit sa peine ... Ma peine d'aujourd'hui est sur tout ce travail gâché.

Clamecy, le 1er avril 2008, Marie FAUTRIER
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Malheureusement Clamecy n'échappe pas à la règle. Ancien cheminot CFTA-CARGO, mes collègues et moi-même n'avons pas échappé à la règle. Mobilisons-nous et soyons plus solidaires, et arrêtons l'individualisme.

Clamecy, le 2 avril 2008, signé illisible.
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Il ne faut pas fermer TOUT l'hôpital et faire ré-ouvrir la maternité. On a besoin de l'hôpital, des pompiers, car je n'ai pas de moyen de transport. Aller jusqu'à Auxerre, on a le temps de mourir sur la route. Le personnel de l'hôpital est sympathique.

Clamecy, le 2 avril 2008, famille BOUILLE et CARRE.
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Nous trouvons absolument scandaleux que des politiques ayant tous leurs services à disposition puissent sous prétexte de rentabilité, supprimer un service de maternité très compétent et efficace (j'y ai accouché en 1997 avec la plus grande satisfaction !).
Si économie à faire il y a, voyez plutôt du côté des gaspillages d'argent public qui ulcèrent les contribuables moyens que nous sommes !
Oui à la vie rurale avec des services dignes de la population.

Clamecy, le 2 avril 2008, famille RICHARD.
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Je suis abasourdie d'une telle absurdité. Cela me laisse sans voix, mais j'ai envie de crier !

Clamecy, le 2 avril 2008, famille MARCELOT
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Non, ce n'est pas un poisson, la caravane de Monnier-Loroyer nous attend bien sous le hall de Radio Flotteur. Nous la vidons ....
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 05 avril 2008 16:04

Article suivant : La caravane (suite) »